Les fantômes de la nuit
Par Laurent Tillon
Editions Actes Sud
Sortie : février 2023
ISBN : 978-2-330-17450-7

Elles effraient, elles dérangent parfois. Pourtant, en s’intéressant aux chauves-souris, on arrive très facilement à les démystifier et à en faire de véritables alliés ! Comme beaucoup d’autres espèces d’ailleurs !
Ce que Buffon considérant comme des « monstres » en son temps (ni vraiment oiseau, ni vraiment animal qui se déplace sur ses pattes), les chauves-souris sont le symbole de la nuit.
Tels des fantômes, elles domptent les espaces et traquent leurs proies dans la pénombre avec une agilité sans pareil. L’écholocation leur permet de se repérer avec beaucoup de précision.
Dans ce livre, l’auteur nous emmène donc à la découverte de ces êtres. Il nous livre un pan de leur intimité même si bien des énigmes demeurent encore sur leurs manières de vivre. Et les chauves-souris, il les connait plus que bien ! C’est donc un véritable guide qui nous livre des éclairages parfois insoupçonnés, étonnants et bien souvent remplis d’un bon sens que l’être humain ferait bien de retrouver !
A l’heure ou j’écris ces lignes et après avoir lu l’ouvrage, je prends le temps, à la nuit presque tombée, d’essayer de percevoir quelques mouvements dans les airs. De tenter de capter les vols agiles d’un murin ou d’une pipistrelle. Cela a un côté plutôt féérique mais aussi un sens de la responsabilité qui doit nous interroger. Mon village a décidé de ne pas allumer d’éclairage public pendant la période estivale (en gros, du 1er mai au 31 août). Eh bien c’est du pain bénit pour ces espèces ou en tout cas pour certaines d’entre elles ! Car si certaines fuient la lumière, d’autres en profite pour trouver sous les lampadaires, un garde manger d’insecte plutôt bien fourni !
Mon avis : c’est un livre qui peut et qui va sans doute faire changer le regard de bien des lecteurs sur les chauves-souris. Et pour cause, l’écriture très accessible avec son côté pédagogique nous entraine dans un univers que l’on ignore. En cassant certaines idées reçues, on se rend très facilement compte qu’elles ne sont pas dangereuses, bien au contraire ! Ce sont des auxiliaires essentielles ! Accusées de transmettre certains agents pathogènes (Covid-19 ?), nous serions bien avisés de trouver des causes bien anthropiques à cela (destruction des habitats, réchauffement climatique…).