Un désert, des météorites
Par Matthieu Gounelle, Alexandra Roussopoulos et Julien Magre
Editions Ulmer
Sortie : octobre 2025
ISBN : 978-2-37922-459-1

Posséder une météorite, c’est entretenir un lien tangible et presque intime avec l’Univers. Tenir entre ses mains une pierre âgée de 4,5 milliards d’années revient à toucher un fragment du passé cosmique, un témoin direct des grands événements qui ont façonné notre environnement : la formation du Soleil, celle des planètes, et en particulier l’émergence de la Terre. Ces objets silencieux racontent une histoire vertigineuse, bien au-delà de leur apparente simplicité minérale.
Alors, en découvrir une soi-même, l’émotion prend une toute autre dimension. Ce n’est plus seulement un objet d’étude ou de collection, mais une rencontre rare, presque bouleversante, avec un vestige venu d’ailleurs. Cette expérience intense est au cœur de ce livre, qui se présente avant tout comme un récit personnel et sensible : le témoignage d’une chasse singulière menée dans l’immensité aride et minérale du désert de l’Atacama.
Une météorite reste avant tout un objet scientifique. Et l’auteur, Matthieu Gounelle, en a pleinement conscience. Chercheur au Muséum national d’Histoire naturelle et responsable de la collection nationale de météorites, il possède une expertise incontestable sur le sujet. Pourtant, l’ouvrage ne se limite pas à une approche académique ou descriptive.
Il s’agit aussi, et surtout, du récit de cette quête menée dans l’Atacama, magnifiée par le regard d’artistes. Les peintures d’Alexandra Roussopoulos et les photographies de Julien Magre viennent enrichir le texte et lui confèrent une dimension esthétique et émotionnelle forte, transformant la recherche scientifique en véritable aventure humaine et artistique.
Les grands déserts, comme le Sahara ou l’Atacama, sont des terrains privilégiés pour les chasseurs de météorites. Mais ces espaces hostiles imposent des conditions extrêmes : le climat y est un adversaire redoutable qu’il faut apprendre à affronter. On comprend alors qu’une météorite se gagne, qu’elle se mérite. C’est précisément cette difficulté qui nourrit l’enthousiasme et l’intensité de chaque découverte. À la lecture, on se surprend presque à partager cette exaltation.
Mon avis : je n’ai pas totalement adhéré à l’ouvrage, m’attendant à une leçon approfondie sur la science des météorites. Ce n’était pas son objectif et cette expérience m’aura appris une chose essentielle : toujours lire attentivement la quatrième de couverture. Une meilleure préparation aurait sans doute facilité mon immersion dans ce témoignage mêlant science et art. Cela n’enlève cependant rien à la qualité de ce livre, qui mérite indéniablement d’être découvert.